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AccueilLes clés pour gérer ses émotionsLa tristesse

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Aïda

Qu’est-ce qui a changé depuis l’annonce ?

Karl

En ce moment je ne me reconnais plus. Plusieurs fois par semaine, et en ce moment plusieurs fois par jour, je me sens comme « envahi » par une émotion forte et ça me dépasse. C’est plus fort que moi, je me mets à pleurer.

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Aïda

Qu’est-ce qui déclenche cette tristesse ?

Karl

L’autre jour, j’écoutais un morceau de mon artiste préféré, et ça s’est mis à couler tout seul. J’ai pas eu envie de les retenir, parce que j’étais tout seul dans ma voiture. Mais à table, hier, on était avec mes filles et j’ai dû aller aux toilettes car je sentais que je ne pourrais pas me retenir de pleurer. Et je ne veux pas pleurer devant elles.

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Des clés pour comprendre vos émotions

Comme Karl, peut-être que vous vous trouvez plus « sensible » que d’habitude ces derniers temps. Et vous avez peut-être aussi l’impression de pleurer beaucoup plus qu’en « temps normal », c’est-à-dire avant la maladie. Une part de vous le sent : il existe un lien assez fort entre votre état moral et votre état de santé. Quand la maladie se fait oublier, que les effets secondaires des traitements se font plus discrets, ou que les résultats sont bons, cette sensation d’hypersensibilité semble revenir sous votre contrôle.

Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ?

Vous avez peut-être vécu l’annonce du diagnostic comme une véritable épreuve. Vous sentez bien qu’il y a eu un « avant » et un « après » en ce qui concerne votre état psychologique. L’ensemble de votre système de croyances concernant votre vie s’en est retrouvé totalement ébranlé et de nouvelles croyances commencent à se mettre en place. Ce processus se passe très rarement sans émotion forte.

A citation icon

Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été (1).

Albert Camus

Il est difficile et même déplacé d’imaginer que vous soyez sorti autrement que « sonné » par cet événement, qui dans votre vécu semble avoir profondément changé le cours de votre vie. Et nier la tristesse reviendrait à lui donner encore plus d’intensité : il est donc important dans tout cela de vous autoriser à la vivre, cela peut s’apprendre.

Pleurer est une façon saine d’exprimer cette tristesse. Certes, il peut vous arriver d’avoir l’intention de cacher vos larmes, afin de « protéger » vos proches. Et c’est tout à fait compréhensible. Mais votre entourage aime aussi savoir comment vous vous sentez et à force de trop leur cacher de choses, la communication avec ceux que vous aimez « s’abîme ».

Il arrive très souvent d’éprouver de la tristesse pendant le traitement. Les symptômes liés à la maladie ou encore aux effets secondaires du traitement peuvent diminuer votre sensation d’être en bonne santé, ce qui vous oblige à renoncer à des activités qui auparavant vous procuraient du plaisir. Il est alors bien normal de pleurer et de ressentir du chagrin, lié à une frustration ou encore à du découragement.

Un outil simple pour évaluer rapidement votre état psychologique
  • Il existe un questionnaire simple, le questionnaire HAD (Hospital Anxiety and Depression scale (2)), qui peut vous permettre d’autoévaluer votre niveau d’anxiété et de dépression à un moment donné.

  • Dans la série de questions ci-contre, cochez la réponse qui exprime le mieux ce que vous avez éprouvé au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Ne vous attardez pas sur la réponse à faire : votre réaction immédiate à chaque question fournira probablement une meilleure indication de ce que vous éprouvez qu’une réponse longuement méditée.

  • Chaque réponse correspond à un chiffre. En additionnant ces chiffres, on obtient un score total par colonne (anxiété et dépression). Si le score d’une colonne est supérieur ou égal à 11, cela signifie que vous souffrez d’anxiété ou de dépression (selon la colonne concernée).

Il est possible d’identifier certains signes qui laissent penser que cette tristesse pourrait éventuellement se transformer en épisode dépressif : des modifications de l’appétit et du poids par exemple, un fort sentiment d’inutilité, une grande difficulté à se concentrer, des « idées noires » tournant autour de la mort et du suicide.

Ces signes peuvent parfois passer inaperçus, mais pour aller mieux il sera utile d’essayer de les reconnaître. Peut-être sera-t-il alors nécessaire de consulter un spécialiste des sentiments et des émotions humaines, comme un psychologue.

Télécharger le questionnaire HADS

Des idées pour aller mieux​

Ne cherchez pas à la dissimuler !

Laissez venir les moments de tristesse, autant que possible, sans les renier. Il est important de trouver des lieux où vous pourrez exprimer ces émotions : cela peut être avec un ami en qui vous avez confiance ou encore chez votre médecin traitant. Surtout, n’essayez pas de les dissimuler au personnel soignant ni au médecin qui traite votre maladie : ce que vous ressentez sur le plan émotionnel doit être pris en compte dans votre traitement.

Parlez-en à votre médecin

Toutefois, si cette tristesse perdure sur une longue période et qu’elle commence considérablement à nuire à votre qualité de vie, il peut être une bonne idée de consulter votre médecin traitant spécifiquement pour cela. Il saura vous aider à trouver des solutions pour en sortir et éviter qu’elle se transforme en dépression.

L'insouciance de l'avant est une illusion

Nous regrettons bien souvent l’insouciance d’avant la maladie. Pourtant, nous ne l’avons jamais vraiment connue ! Il vous est déjà arrivé de pleurer à chaudes larmes, pour un chagrin d’amour par exemple. À l’époque, vous le viviez comme une tragédie et cela vous semble presque insignifiant aujourd’hui. C’est parce que nos problèmes et angoisses sont vécus du point de vue à partir duquel on les vit. C’est ce qui vous fait « croire » que c’était bien mieux « avant ».

Adoptez la pensée postive

Lorsqu’une angoisse se présente, munissez-vous d’une pensée positive qui pourra vous aider comme un bouclier dans les moments difficiles. Rappelez-vous par exemple que « si tous les bons moments ont une fin, c’est parce que tous les mauvais en ont une aussi ». À vous de trouver votre mantra ! En répétant cette même pensée, vous entraînez votre réseau de neurones à, peu à peu, remplacer une logique négative.

Mangez et bouger !

Mangez bien et, si possible, faites de l’activité physique : c’est un antidépresseur naturel ! Cuisiner pour les autres est aussi un acte fort, qui change les idées en nous focalisant sur des actions pragmatiques, et qui communique beaucoup d’amour à ceux pour qui on a cuisiné. Même lorsqu’on pense ne pas savoir le faire ! Encore une fois, c’est l’intention qui compte.

Passez du temps avec les animaux

De nombreuses personnes en témoignent : le contact avec les animaux de compagnie apaise et offre un regain d’optimisme. Jouer avec un animal, le vôtre bien sûr, ou celui de voisins ou d’amis, peut vous faire du bien. Cependant, lorsque votre immunité diminue, il est recommandé d’éviter d’être en contact avec les animaux de compagnie.

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(1) Judith ORLOFF, « Hypersensible et épanoui » (2019)

(2) Échelle HADS, HAS (2014) - traduit en français

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Mise à jour le 01/07/2022