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Aïda

Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre cancer ?

Rachel

Je me sens complètement sonnée depuis l’annonce. J’ai beaucoup de difficulté à trouver le sommeil et du coup je crois que je pense trop… Beaucoup trop ! Je me sens assaillie par des peurs que je ne maîtrise pas.

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Aïda

Et que ressentez-vous à ce moment-là ?

Rachel

Ça arrive comme ça et ça monte, ça monte et j’ai l’impression d’étouffer, avec comme une boule dans la gorge… impossible de me raisonner ! J’ai tellement de mal à me raisonner que j’ai le sentiment que je vais paniquer…

an alt

Des clés pour comprendre vos émotions

Depuis l’annonce du diagnostic de la maladie, vous avez peut-être le sentiment de ne plus réussir à vous « raisonner » comme avant. Avant l’annonce, vous aviez déjà des angoisses mais en ce moment il y en a davantage, et elles semblent beaucoup plus fortes.

Qu’est-ce qui se passe dans ma tête ?

Dans notre vie, nous n’aimons pas beaucoup l’inconnu. Nous détestons même tout ce qui semble sortir de notre contrôle. Et bien souvent, nous avons bien plus peur de ce que nous ne voyons pas ! C’est parce que notre cerveau fonctionne en mode « économique » et qu’il consomme moins d’énergie lorsqu’il nous donne l’impression que nous sommes dans des situations que nous connaissons. C’est pour cette raison, par exemple, que nous prenons la plupart du temps le même chemin pour aller travailler. Il ne nous viendrait pas à l’idée de faire autrement, sauf en cas de situation exceptionnelle.

A citation icon

J’ai eu beaucoup de problèmes dans ma vie, dont la plupart ne sont jamais arrivés (1) !

Mark Twain

Et justement, lorsqu’un événement se produit et nous fait sortir des sentiers battus, notre cerveau doit s’adapter en trouvant de nouveaux chemins. Nous nous mettons alors à anticiper et à prédire un tas de choses qui ne nous sont pas encore arrivées, comme le dit si bien Mark Twain, le créateur de Tom Sawyer, dans la citation présente sur cette page.

C’est de cette manière que nous en arrivons à confondre les « scénarios » de nos angoisses avec la réalité. Car dans ce sens, les angoisses ne sont jamais que des « scénarios » ; voilà pourquoi il vous est peut-être déjà arrivé d’employer fort justement l’expression « Je me fais des films ».

Mais comment éviter de projeter ses propres angoisses sur ses proches ?

Le phénomène de la projection
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Nous ne pouvons pas faire sans les autres. Nos relations sociales font partie des besoins humains fondamentaux. Et ces « relations » se traduisent par des « échanges » permanents avec notre entourage : échanges d’informations, mais aussi échanges émotionnels (un état émotionnel peut être contagieux), ou encore échanges comportementaux : vous aurez peut-être déjà remarqué que lorsque vous fréquentez souvent une personne, vous finissez toujours par lui emprunter largement des expressions verbales bien à elle, sans même vous en rendre compte ; et sans doute en fait-elle tout autant avec vous.

Il se joue bien évidemment la même chose avec les angoisses : il vous est parfois difficile de les dissimuler car vos comportements non verbaux, c’est-à-dire vos gestes, vos mimiques faciales ou encore les postures de votre corps peuvent vous trahir dans cette volonté de dissimulation.

En psychologie, la « projection » consiste en un mouvement de l’esprit par lequel une personne attribue ses propres sentiments à quelqu’un d’autre, afin de sortir d’une situation émotionnelle vécue comme intolérable. Ce mécanisme se produit bien généralement de façon inconsciente.

De nouvelles attitudes pour une nouvelle vie

Au fond, l’une des façons les plus efficaces pour protéger votre entourage de vos angoisses est de ne pas leur cacher les vôtres, puisque le mécanisme de projection finira par vous trahir. Il s’agit bien davantage de travailler « en amont », sur la façon dont vous allez vous-même être en mesure de vous apaiser.

Aujourd’hui certes, peut-être que cela vous semble difficile ! Mais demain ? Il s’agit là de quelque chose de très important pour vous d’abord, mais aussi évidemment pour les personnes qui vous entourent. La première chose importante à prendre en compte pour travailler sur cela est tout d’abord d’accepter que nous ne pouvons pas éradiquer la totalité de nos angoisses. Vous aviez certainement des angoisses avant la maladie, vous en avez aujourd’hui et vous en aurez peut-être demain.

Il faut bien garder à l’esprit que les angoisses sont elles aussi des « projections », qui s’effectuent toujours sur un futur que l’on imagine, comme un cinéma nous proposerait une projection privée. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous évoquons parfois l’idée de « se faire des films », lorsque nous voulons témoigner du fait que nos angoisses concernent des choses qui n’existent pas encore, et qui n’existeront peut-être jamais : elles ne sont que « virtuelles ».

Gardez aussi bien ceci à l’esprit : nous ne sommes jamais dans la tête des autres, bien que souvent nous fassions la confusion. Si vous voulez savoir avec précision ce que l’autre pense, ou ressent, alors seule la communication pourra vous aider : il faut tout simplement lui demander, plutôt qu’émettre des hypothèses.

Des idées pour aller mieux

Ne lisez pas n'importe quoi sur internet !

Notre besoin de contrôler nous incite à trouver des réponses, mais sur internet vous trouverez davantage de questions. On y trouve des sites hasardeux, non vérifiés, bref, le pire comme le meilleur, ce qui est très anxiogène, car notre esprit dans ces cas-là a la fâcheuse tendance à ne se focaliser que sur le pire. En croyant naviguer sur internet pour vous rassurer, vous risquez d’être encore plus angoissé.

Listez vos précédentes expériences

Essayez de vous souvenir de la dernière fois où vous avez ressenti des angoisses, puis confrontez ce souvenir avec ce qui s’est réellement passé ensuite et dressez une liste des différences. Bien souvent, avoir peur d’affronter quelque chose est pire que de l’affronter vraiment.

Et si vous essayiez la médiation ?

Cette activité est liée au fait de prendre soin de sa respiration et donc de son cerveau. Ainsi, elle peut amener à ne pas se laisser submerger par des pensées concernant des choses qui n’existent pas encore, et qui n’existeront peut-être jamais. Il existe probablement des lieux près de chez vous pour vous essayer à sa pratique, ou à celle du yoga ou de la sophrologie !

Parlez-en !

Lorsque les angoisses augmentent en nombre et en intensité, on appelle cela de l’anxiété. Un spécialiste, même pour une seule fois, pourrait vous soulager ! Votre médecin généraliste peut également vous prescrire un traitement sur une courte durée pour soulager vos angoisses et reposer votre cerveau en « surchauffe ». Un psychologue ou un hypnothérapeute peut aussi vous apporter des solutions relativement rapides pour vous soulager.

Emportez votre carnet partout avec vous !

Ce qui est très anxiogène en ce moment, c’est toutes ces questions pour lesquelles vous ne parvenez pas à trouver de réponses. Gardez un petit carnet sur vous et notez-les, lorsqu’elles vous viennent à l’esprit. Pensez à l’emporter lors de vos différentes consultations.

Mettez vos angoisses en boîte !

Écrivez vos angoisses sur un bout de papier et rangez-les dans une boîte munie d’un couvercle. Ainsi contenues, elles ne pourront pas en sortir librement ! L’idée est de créer une distance entre vous et vos angoisses. De temps à autre, vous pourrez vérifier quels papiers il est possible de jeter, certaines angoisses ayant disparu !

Faites le plein d'oxygène !

Les angoisses amènent votre cerveau à consommer beaucoup trop d’énergie et provoquent un phénomène particulier : l’hypoxie. Votre cerveau manque de son carburant principal, l’oxygène, et ne peut plus fonctionner correctement. Alors fermez les yeux, inspirez et expirez trois fois de suite, profondément. Relaxation garantie !

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Mise à jour le 01/07/2022