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Aïda

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez reçu le diagnostic ?

Christine

Ce jour-là, à la minute où le médecin m’a annoncé ça, j’ai eu la sensation de recevoir un gros coup sur la tête ! Je me suis dit qu’il s’était trompé de dossier, ou de personne. Je ne savais plus trop quoi penser. J’étais vraiment sonnée, comme si j’étais passée dans un état second.

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Aïda

Vous êtes restée longtemps dans cet état ?

Christine

Non car depuis, j’ai toujours l’impression de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de ma vie. Et ça me met en colère : j’ai toujours rendu service aux autres, toute ma vie, alors je ne comprends pas ce que j’ai fait pour mériter ça !

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Des clés pour comprendre vos émotions

Comme pour Christine, l’annonce du cancer a peut-être provoqué une vraie rupture dans la continuité de votre vie. Au même titre qu’un accident de la route, peut-être l’aurez-vous vécue comme un traumatisme.

Le choc de l’annonce

Et comme dans tout choc traumatique, la première réaction du cerveau est de ne pas accepter la totalité de l’information traumatisante. Cela lui permet de traiter au fur et à mesure ce qu’il peut traiter, en fonction de ce que vous êtes capable d’entendre.

Cette difficulté à réaliser n’est pas rare, elle est même très fréquente. Les psychologues appellent parfois cela le « déni ».

Et il arrive souvent que, pendant cette période, vous ayez l’impression d’être « sonné », comme Christine, comme si une enclume vous était littéralement tombée sur la tête. Il s’agit d’un véritable moment de sidération dans votre vie, qui peut durer de quelques jours à quelques semaines après l’annonce du diagnostic.

A citation icon

L’annonce d’un mauvais​ diagnostic est ce qu’un ​médecin n’a pas envie de dire à un malade qui n’a pas envie​ de l’entendre.

Nicole Alby(1)

C’est un état pendant lequel vous avez le sentiment d’être souvent perdu dans vos pensées ; cela a commencé dès que la personne en blouse blanche face à vous a prononcé le mot « cancer ».

Vous avez eu l’impression forte et instantanée d’être comme propulsé dans un « ailleurs ».

C’est une période pendant laquelle il est possible que vous égariez beaucoup de choses, ou que votre attention vous fasse défaut.

Pendant cette phase, il est par exemple plus prudent de ne pas conduire sur de trop grandes distances.

Du déni au refus

Après avoir traversé cette période assez trouble, il est bien possible que vous ressentiez une forme de colère : votre cerveau a maintenant bien compris la situation mais une partie de vous la rejette encore en bloc.

Cet événement semble inacceptable et ce qui vous arrive est alors vécu comme une véritable injustice.

Alors dans la traversée du tumulte, au milieu de toutes ces questions qui restent pour l’instant sans réponse, il y a celle-ci qui revient plus souvent que les autres : « Pourquoi moi ? »

A citation icon

Si la vie ne vous apporte​ aucune réponse, c’est que vous n’avez pas posé les​ bonnes questions.

Grégoire Lacroix(2)

« Pourquoi moi ? »​
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Pourquoi arrive-t-il souvent que l’on se pose cette question, dans les situations anodines comme dans les plus graves ? Lorsque notre voiture tombe en panne ou lorsqu’on nous annonce un cancer.

Cette question renvoie directement à l’une de nos croyances les plus massivement répandues, et qui pourtant n’a pas de sens : « cela n’arrive qu’aux autres ». Le « pourquoi moi » est donc la conséquence directe de cette croyance profondément et discrètement ancrée en chacun de nous.

Cette interrogation peut aussi se traduire par « qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ». Il s’agit bien de ces phrases qui nous traversent l’esprit et qui influencent notre vie, sans même que l’on pense à s’y attarder un peu.

Cette réaction humaine vient de notre besoin fondamental de trouver un sens aux événements qui nous arrivent. Peut-être que vous l’aurez déjà remarqué, ou peut-être le remarquez-vous maintenant : nous avons absolument besoin de poser un sens sur tout. Que notre voiture tombe en panne ou qu’on ne trouve plus nos clés, il faut bien que l’on s’en dise quelque chose. « C’est toujours dans les moments où je suis pressé que cela arrive ! »

Y aurait-il donc de « bons moments » pour tomber en panne, ou perdre ses clés ? Soyons tolérants, c’est aussi ce principe qui fait effectivement de nous des êtres humains ! Nous détestons les zones d’ombre. Et nous essayons de les remplir avec du sens, même si ce n’est pas le bon.

Des idées pour aller mieux​

Délestez-vous des questions sans réponse​

Pourquoi moi ? Se poser cette question est naturel, mais c’est lorsque vous commencerez à vous en éloigner que vous vous sentirez mieux. Simplement parce qu’il n’y a pas de réponse à cette question ! C’est quand vous abandonnerez la question du pourquoi que vous reprendrez le contrôle de votre vie, même avec la maladie.

Vous avez le droit d’être en colère ​

La colère est une réaction normale au cancer, vous n’avez pas à faire comme si tout allait bien. Mais veillez à rassurer vos proches en leur expliquant que si vous paraissez fâché ou maussade par moments, ce n’est pas à eux que vous en voulez. La communication de vos émotions harmonisera toujours la relation avec vos proches.

Consultez un professionnel​

Si vous sentez que, malgré vos tentatives, vous n’y parvenez toujours pas, il pourrait vous être utile de consulter un professionnel comme un psychologue, même pour une seule consultation. De plus en plus de services hospitaliers en cancérologie en proposent. Le psy « ça n’est pas fait pour les fous » : c’est plutôt fait pour guider tout un chacun à travers certaines épreuves de la vie qu’on aurait bien du mal à traverser tout seul.

Accordez-vous des distractions !(3)

Les traitements demandent de s’autoriser parfois à « reprendre son souffle ». Une bonne stratégie consiste à aménager des « pauses sans cancer » dans vos journées, pendant lesquelles vous vous accordez du temps pour vous ressourcer sans vous préoccuper de la maladie. Voici quelques idées : vous faire masser, faire le tri dans vos photos, partir en week-end…

Pratiquez une activité physique​

En l’absence de contre-indication médicale, la pratique d’une activité physique adaptée à votre état est idéale pour se décharger du stress et des tensions à la source de cette colère. Une pratique régulière permet également de lutter efficacement contre la fatigue.

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Lire aussi

(1) « L’annonce en cancérologie » par Antoine Spire et Rollon Poinsot, 2005

(2) "Les euphorismes de Grégroire", tome 3 (2017) - Grégoire Lacroix

(3) La ligue contre le cancer, Cancer et souffrance psychique le cancer touche la personne dans sa totalité, 2017, page 28

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Mise à jour le 01/07/2022